Coup de fatigue après les repas : la glycémie en cause ?

Et si ce coup de fatigue n’était pas un simple manque de sommeil ? Après les repas ou en pleine journée, ces coups de barre soudains sont parfois liés à des variations de la glycémie. Arthur De Coninck, diététicien mais aussi chargé de prévention et de promotion de la santé, décrypte ces baisses d’énergie et nous donne des conseils pour stabiliser notre énergie.

Glycémie : de quoi parle-t-on ?

Principal carburant de notre organisme

La glycémie, c’est le taux de sucre dans le sang. Le sucre, aussi appelé glucose, est le principal carburant de notre organisme. Il permet à nos muscles de fonctionner, à notre cerveau de rester concentré et à notre corps de produire de l’énergie toute la journée.

L’insuline régule le taux de sucre

Après chaque repas, la glycémie augmente puis redescend grâce à l’action de l’insuline, une hormone produite par le pancréas. Quand ce mécanisme fonctionne de manière équilibrée, l’énergie reste stable. Lors de variations rapides ou trop importantes, le corps peut avoir du mal à suivre. La fatigue se fait alors sentir.

On associe souvent la glycémie au diabète, une maladie chronique caractérisée par un excès durable de sucre dans le sang. Pourtant, les variations de la glycémie concernent tout le monde y compris les personnes non diabétiques.

Pourquoi la glycémie peut-elle provoquer un coup de fatigue après les repas ?

Après un repas riche en sucres rapides ou au contraire pauvre en fibres et protéines, le taux de sucre dans le sang peut grimper en flèche. Lorsque la glycémie augmente trop vite, le corps doit réagir pour rétablir l’équilibre.

L’organisme libère alors de l’insuline pour faire diminuer la glycémie, mais parfois un peu trop efficacement… Résultat : la glycémie chute brusquement et peut provoquer un coup de fatigue, une sensation de somnolence, une envie de sucre, un manque de concentration, des fringales… Autrement dit, le corps se retrouve à court de carburant.

Ces coups de fatigue ne sont pas une fatalité

Les coups de fatigue après les repas ou en pleine journée ne sont pas une fatalité. En effet, ils sont souvent liés à la composition de nos repas et à notre rythme alimentaire. Par conséquent, ils peuvent être diminués, voire évités, sans régime strict ni suppression totale du sucre.

Arthur, diététicien, nous explique comment la glycémie influence notre niveau d’énergie et quels réflexes adopter pour éviter ces coups de barre.

L'éclairage du diététicien

Pourquoi ressent‑on parfois un coup de fatigue après les repas ?

Tous les coups de fatigue ne se ressemblent pas. Après un repas, la digestion mobilise naturellement de l’énergie : le corps se concentre sur le travail digestif, ce qui peut entraîner une fatigue passagère.

Mais les coups de fatigue peuvent aussi être liés à l’alimentation. Lorsque l’on consomme des glucides rapidement assimilés, la glycémie augmente vite, puis redescend parfois trop rapidement sous l’effet de l’insuline. Cela peut provoquer une sensation de somnolence, de baisse d’énergie ou de concentration.

Suffit-il d’éviter le sucre pour ne pas avoir de coup de fatigue ?

Le sucre n’est pas un ennemi en soi. Ce qui compte, c’est la quantité, la fréquence et la manière dont il est consommé, ainsi que les aliments auxquels il est associé.

Il existe en effet différents types de sucres.

  • Les sucres simples, très raffinés, sont assimilés rapidement. Plus un aliment est raffiné, plus il perd ses fibres qui jouent un rôle clé dans la régulation de la glycémie.
  • A l’inverse, les sucres complexes, présents dans les aliments peu transformés comme les fruits ou les céréales, entraînent une hausse plus progressive de la glycémie

Toutes les céréales ne se valent pas : les pâtes complètes provoquent une montée plus douce de la glycémie que les pâtes blanches. Elles rassasient plus longtemps. La cuisson a aussi son importance : des pâtes al dente ont un indice glycémique plus bas que des pâtes trop cuites.

Quel type de repas permet de garder une énergie stable ?

Un repas équilibré. Ce n’est pas un repas sans sucre, mais un repas qui évite les variations brutales de la glycémie. Pour cela, il est important d’associer les glucides à des fibres, des protéines et des bonnes graisses.

Idéalement, ce repas combine :

  • une céréale complète,
  • une source de protéines,
  • des fibres apportées par les légumes ou les fruits.

Cette combinaison permet une absorption plus lente du sucre, une énergie plus stable et une satiété plus durable.

Le petit‑déjeuner joue‑t‑il un rôle dans les coups de fatigue de la journée ?

Si l’on n’a pas faim au réveil, le petit‑déjeuner n’est pas obligatoire. En revanche, rester sans manger trop longtemps peut fragiliser l’équilibre énergétique.

Si l’appétit n’est pas présent le matin, une collation équilibrée en milieu de matinée (fruit, yaourt, céréales peu sucrées, eau) permet d’éviter les grignotages et d’arriver pas trop affamé·e au repas de midi.

Bouger après un repas peut‑il aider à éviter les coups de fatigue ?

En effet, l’activité physique utilise comme source d’énergie le glucose présent dans le sang ; ce qui aide à réguler la glycémie. Il ne s’agit pas de pratiquer du sport intensif : une marche légère ou éviter de rester immobile après le repas peut déjà avoir un effet positif.

À partir de quand faut‑il s’inquiéter de ces coups de fatigue et consulter ?

Des variations répétées de la glycémie fatiguent l’organisme et peuvent, à terme, favoriser une résistance à l’insuline. Lorsque les coups de fatigue deviennent fréquents malgré une alimentation qui vous semble équilibrée, consulter un·e professionnel·le permet d’ajuster les habitudes alimentaires.

Mieux comprendre son énergie pour la préserver au quotidien

Les explications de notre diététicien en témoignent : les coups de fatigue après les repas ne sont pas une fatalité. Ils ne traduisent pas non plus nécessairement un problème de santé. Ils reflètent souvent la manière dont notre corps gère l’énergie au fil de la journée.

En prêtant attention à la composition et au rythme de ses repas, il est donc possible de limiter ces baisses d’énergie et de se sentir en forme plus longtemps. Il ne s’agit pas de supprimer le sucre ni de viser une alimentation parfaite en tous points mais plutôt de trouver un équilibre entre ses besoins et son mode de vie.

Lorsque la fatigue devient fréquente, intense ou persistante, en parler à un·e professionnel·le de santé permet alors de faire le point et d’ajuster ses habitudes en toute sérénité.

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