Ado : quand le manque d’estime de soi devient un problème de santé

À l’adolescence, les doutes sur soi sont fréquents. Mais lorsque le manque d’estime de soi s’installe durablement, il peut peser sur la santé mentale, les relations avec les autres, la réussite scolaire et le bien-être au quotidien. Comment distinguer les fragilités « normales » de cette période de la vie d’un véritable signal d’alerte ? Et surtout, comment aider un·e adolescent·e à retrouver confiance ? Éclairage sur un enjeu de santé souvent sous-estimé.

Qu’est-ce que l’estime de soi ?

L’estime de soi est un pilier du développement psychologique. C’est la perception qu’une personne a de sa propre valeur. Elle reflète le jugement global qu’elle porte sur elle-même. Elle est également influencée par le sentiment d’être accepté·e, reconnu·e ou, au contraire, rejeté·e par les autres. En somme, l’estime de soi représente la manière dont chacun·e se perçoit et s’évalue en tant que personne.

L’estime de soi commence à se construire dès la petite enfance et continue d’évoluer tout au long de la vie. Les parents jouent un rôle essentiel dans ce développement, notamment par l’attention, le soutien et les encouragements qu’ils apportent à leur enfant. Au fil de sa croissance, d’autres adultes, comme les enseignant·e·s, les proches ou les éducateur·trice·s, contribuent également à renforcer son sentiment de valeur personnelle et son estime de soi.

Pourquoi l’adolescence est-elle une période particulièrement fragile en matière d’estime de soi ?

L’adolescence est une phase de profonds changements physiques, psychologiques et sociaux.

À la puberté, le corps évolue rapidement et parfois de manière inattendue. Les adolescent·e·s peuvent se sentir différents des autres ou insatisfait·e·s de leur apparence. Comme l’image que l’on a de soi est étroitement liée à la confiance en soi, cette période de changements peut rendre certain·e·s adolescent·e·s plus vulnérables sur le plan de l’estime de soi.

L’adolescence est une période de grands questionnements. Les jeunes cherchent à mieux se connaître et à trouver leur place parmi les autres. Ils s’interrogent sur leur identité, leurs qualités et la manière dont ils sont perçu.e.s par leur entourage. Ces interrogations sont normales et font partie de leur développement. Mais elles peuvent aussi entraîner des moments de doute qui peuvent fragiliser leur estime de soi.

Le cerveau adolescent est encore en maturation, en particulier les régions qui permettent de réguler les émotions et de prendre du recul face aux situations. Il est donc fréquent que les émotions soient ressenties avec une plus grande intensité, ce qui peut accentuer les doutes, le sentiment d’échec ou le manque de confiance en soi.

Quels sont les signes qui doivent alerter ?

Nous l’avons vu, l’adolescence est une étape de grands changements. Il est donc normal qu’un·e jeune traverse des périodes de doute, de tristesse ou d’irritabilité. Dans la plupart des cas, ces fluctuations sont passagères et n’entravent pas significativement la vie quotidienne.

En revanche, lorsque le mal-être s’installe ou s’intensifie, il mérite d’être pris au sérieux. Un·e jeune qui va mal aura tendance à davantage s’isoler, à être plus triste, irritable ou en colère. Il peut être utile de consulter si ce mal-être perturbe nettement la vie quotidienne (école, sommeil, alimentation, relations, loisirs).

Face à ces signes, il est important d’ouvrir le dialogue et, si nécessaire, de demander l’avis d’un·e professionnel·le de santé.

Estime de soi et confiance en soi, deux notions différentes mais complémentaires

On confond souvent la confiance en soi et l’estime de soi, alors qu’elles ne désignent pas la même réalité.

La confiance en soi correspond à la perception que nous avons de nos capacités à réussir une tâche ou à faire face à une situation donnée. Elle répond à la question : « Est-ce que je me sens capable d’agir et de réussir ? »

L’estime de soi, c’est plutôt le regard global que nous portons sur nous-mêmes.

Ces deux dimensions sont liées, mais elles peuvent évoluer indépendamment. Une personne peut avoir une grande confiance en ses compétences tout en doutant de sa valeur personnelle. À l’inverse, quelqu’un peut avoir une très bonne estime de lui-même tout en manquant de confiance pour accomplir quelque chose de nouveau.

Les deux notions se nourrissent mutuellement, mais elles reposent sur des mécanismes psychologiques différents. Ensemble, elles contribuent à l’équilibre psychologique et au bien-être personnel.

Comment aider son enfant/ado à avoir confiance en soi ?

Valorisez ses efforts et ses réussites : il est important de célébrer les succès de votre adolescent·e, même les plus petits. En valorisant ses efforts et en lui faisant part de votre fierté, vous favorisez le développement de son estime de soi et de sa confiance en ses capacités.

Encouragez votre enfant à essayer de nouvelles activités. Encouragez-le à prendre des risques même s’il échoue. Mais surtout, aidez-le à se fixer des objectifs réalistes et atteignables.

Aidez-le à apprendre de ses erreurs : lorsque votre enfant commet une erreur, aidez-le à en tirer des leçons plutôt que de se concentrer sur l’échec en lui-même. Cela l’aidera à développer sa résilience et sa capacité à relever les défis sans se décourager.

Évitez de le surprotéger : il est important de donner à votre adolescent·e l’espace et la liberté nécessaires pour apprendre de ses propres expériences et développer sa confiance en lui/elle. Le·la surprotéger peut avoir un effet contre-productif puisqu’il ou elle risque de se sentir incapable de faire face aux défis de la vie.

Les doutes font partie du développement de tout·e adolescent·e, mais ils ne doivent pas masquer une souffrance durable. En étant écouté, encouragé et, si besoin, accompagné par un·e professionnel·le de santé, chacun·e peut développer une estime de soi solide, véritable atout pour son bien-être et son avenir.

Ma vie en PLUS

Vous sentez que votre enfant a besoin d’aide ? Prenez contact avec un·e professionnel·le de la santé mentale. Solidaris intervient jusqu’à 400 €/an de remboursement des consultations auprès d’un·e psychologue reconnu·e (maximum 20 €/séance). Il est même possible consulter en ligne grâce à l’app Doktr.

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