Parentalité : et si vous vous faisiez davantage confiance ?
C’est un sujet qui parle à beaucoup de parents : entre les conseils de l’entourage, les avis des expert.e.s, les réseaux sociaux et les comparaisons permanentes, il devient parfois difficile de savoir ce qui est vraiment bon pour son enfant.
Sophie, Psychologue pour enfants et adolescent.e.s nous éclaire sur le sujet.
Une pression parentale plus forte que jamais
« Tu devrais le laisser pleurer un peu » « À son âge, il devrait déjà faire ses nuits » …
Être parent n’a jamais été aussi documenté. En quelques clics, il est possible de trouver des centaines d’articles sur le sommeil, l’alimentation, l’éducation ou encore le développement de l’enfant.
Les réseaux sociaux ajoutent une couche supplémentaire en exposant des images de familles qui semblent tout réussir parfaitement : repas équilibrés, enfants toujours souriants, activités créatives parfaitement organisées…
Face à ce trop-plein d’informations, certains parents ont l’impression qu’ils doivent constamment se justifier ou prouver qu’ils font les bons choix, pourtant, il est bon de retenir qu’il n’existe pas de parent parfait !
Chaque enfant est unique, chaque famille a son fonctionnement et chaque situation mérite d’être étudiée dans son contexte.
Et si, au milieu de tous ces « on dit », il était important de réapprendre à écouter son propre ressenti ?
L’instinct parental, de quoi parle-t-on exactement ?
Quand on évoque l’instinct parental, il ne s’agit pas d’un pouvoir magique ou d’une intuition infaillible. Il s’agit plutôt de cette connaissance progressive que l’on développe de son enfant au fil du temps et de la fusion qui se crée.
Les parents apprennent à reconnaître les besoins, les réactions, les émotions et les habitudes de leur enfant.
De cette manière, ils savent souvent détecter lorsque bébé est fatigué, inquiet ou simplement en quête d’attention, parfois avant même qu’il ne puisse l’exprimer avec des mots.
Cette expertise du quotidien a une valeur concrète. Elle complète les conseils des professionnel.le.s de la santé et permet d’adapter les recommandations générales à la réalité de chaque famille.
Quand les « on dit » font plus de mal que de bien
Les conseils peuvent être utiles lorsqu’ils apportent du soutien ou de nouvelles pistes de réflexion. En revanche, ils deviennent problématiques lorsqu’ils génèrent de la culpabilité ou du doute.
Certaines remarques, même anodines en apparence, peuvent fragiliser la confiance des parents : « Tu le couves trop », « Tu n’es pas assez ferme », « Tu devrais faire ainsi ».
À force de les entendre, certains finissent par remettre systématiquement leurs décisions en question.
Or, douter occasionnellement est normal, la parentalité est faite d’essais-erreurs, d’ajustements et d’apprentissages des parents et de l’enfant.
Mais lorsque les opinions extérieures prennent trop de place, le risque est de perdre confiance dans ses propres capacités d’être parent.
Trouver le juste équilibre
Écouter son instinct ne signifie pas ignorer tous les conseils ou rejeter l’avis du corps médical.
Certaines situations nécessitent évidemment un accompagnement spécialisé, notamment lorsque la santé ou le développement de l’enfant suscitent des inquiétudes.
L’enjeu consiste plutôt à trouver un équilibre. Les informations extérieures peuvent enrichir la réflexion, mais elles ne doivent pas systématiquement interférer dans ce que les parents vivent et observent au quotidien.
Avant d’appliquer un conseil entendu autour de soi, il peut être utile de se poser ces 3 questions :
1) Est-ce que cela correspond à la réalité de mon enfant ?
2) Est-ce cohérent avec nos valeurs familiales ?
3) Est-ce que cela me semble adapté à notre situation ?
Souvent, les réponses apparaissent plus clairement lorsqu’on prend un peu de distance et que l’on se détache du regard des autres.
Faites-vous confiance…
La confiance parentale ne se construit pas en un jour. Elle grandit au fil des expériences, des réussites, mais aussi des erreurs. Car oui, tous les parents peuvent se tromper !
Cela ne fait pas de vous de mauvais parents.
Un enfant n’a pas besoin d’un parent parfait, il a besoin d’un adulte présent, une référence, il a aussi besoin d’attention à ses besoins et de capacité à s’adapter lorsque cela est nécessaire.
Cette capacité d’écoute et d’ajustement compte bien plus que les conseils que vous pourriez recevoir.
Alors la prochaine fois qu’un « on dit » viendra semer le doute, prenez un instant pour revenir à ce que vous connaissez le mieux : votre enfant.
Parce qu’au-delà des conseils et des opinions, vous êtes la personne la mieux placée pour savoir ce dont votre enfant a besoin.
Ma vie en PLUS
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