Psychomotricité : le lien entre corps et émotions chez l’enfant
La psychomotricité considère que le corps et l’esprit sont étroitement liés. Nos émotions, nos pensées et nos mouvements s’influencent en permanence. Mais quelle est la différence entre la psychomotricité fonctionnelle et relationnelle, et surtout à qui s’adressent-elles ?
En quoi la psychomotricité est-elle différente de la kinésithérapie ou de l’ergothérapie ?
Ces trois spécialités du domaine paramédical travaillent toutes avec le corps et le mouvement. Leurs objectifs et leurs approches sont cependant assez différents.
La kinésithérapie répare ou rééduque le corps sur le plan physique. L’ergothérapie va davantage aider à l’autonomie dans les activités quotidiennes.
La psychomotricité, quant à elle, s’intéresse à la façon dont nos émotions, notre histoire, notre développement et notre relation aux autres influencent notre manière de bouger, de nous tenir, de nous orienter dans l’espace.
Le ou la psychomotricien·ne ne travaille pas uniquement sur un muscle ou une articulation, mais sur la personne dans sa globalité.
Quelle est la différence entre psychomotricité fonctionnelle et relationnelle?
La différence tient surtout à l’objectif principal du travail et à la manière d’intervenir.
Dans la psychomotricité fonctionnelle, on va surtout travailler les fonctions motrices et cognitives, dans la psychomotricité relationnelle, ce sera plutôt la dimension affective et relationnelle à travers le corps. Très souvent, les deux seront utilisées. On commence par une approche relationnelle pour sécuriser l’enfant puis on introduit progressivement un travail plus fonctionnel.
Quel est le lien entre le corps, les émotions et les apprentissages ?
En psychomotricité, l’idée centrale est que l’enfant (ou l’adulte) apprend avec tout son corps, et que les expériences corporelles influencent la manière dont il ressent, pense et apprend.
Le corps est le premier outil de connaissance. Avant même le langage, l’enfant explore le monde par le mouvement, les sensations et l’action.
Bouger aide le cerveau à se développer et à construire des capacités mentales comme penser, comprendre, mémoriser ou résoudre des problèmes. En psychomotricité, on considère que l’action corporelle est une base pour le développement de l’intelligence.
Les émotions s’inscrivent très fort dans le corps également (tensions, posture, respiration, tonus).
À partir de quel âge peut-on consulter un·e psychomotricien·ne ?
Dès la naissance, c’est déjà possible. Tout petit, on consultera plutôt pour un retard dans les acquisitions comme par exemple : tenir la tête, se retourner, s’asseoir… ou des difficultés liées à l’attachement.
Plus grand on rencontrera les enfants pour de l’anxiété, des problèmes d’inhibition, d’hyperactivité, des troubles émotionnels, …
Mais on peut consulter à tout âge (même senior) : la psychomotricité accompagne le développement tout au long de la vie.
Quand faut-il consulter ?
Souvent, on pense au retard moteur chez les tout-petits mais la psychomotricité peut aussi intervenir pour des difficultés d’apprentissage scolaire. Certaines difficultés peuvent être liées à des aspects psychomoteurs : difficulté à l’écriture, mauvais repaires dans l’espace, difficulté de concentration, …On peut également consulter si l’enfant est agité, stressé, ou s’il a des difficultés à gérer ses émotions par exemple.
On consulte un·e psychomotricien·ne lorsque les difficultés corporelles, motrices, émotionnelles ou attentionnelles perturbent le développement, les apprentissages ou la vie quotidienne.
Comment se passe la prise en charge ?
La première rencontre se fera toujours avec le parent afin d’établir l’anamnèse. Ce sont, outre le motif de la demande, toutes les informations qui permettront au ou à la thérapeute de mieux comprendre le parcours de l’enfant. Après quoi, un petit bilan (phase d’observation) sera réalisé. Le·la psychomotricien·ne observe comment l’enfant bouge, s’organise, entre en relation et sur base de ces observations, propose un suivi. Si nécessaire, un bilan psychomoteur complet peut être proposé.
Comment se déroule une séance de psychomotricité avec un enfant ?
La majorité du temps est consacrée à des jeux et exercices utilisant le corps. Cela dépend beaucoup des besoins de l’enfant (coordination, attention, émotions, confiance en soi, …). Les activités proposées sont diverses et variées.
On utilise souvent des parcours moteur (marcher sur des modules, sauter, ramper), des jeux d’équilibre, des jeux de ballons.
Dans d’autres cas, si on doit travailler la motricité fine par exemple, on proposera davantage d’activités de type pâte à modeler, pinces, enfilage de perles, …
Le ou la praticien·ne peut aussi proposer des exercices de respiration et relaxation.
Ces activités peuvent sembler très ludiques au premier regard, mais elles donnent en réalité de nombreuses informations au ou à la professionnel.le. Grâce aux jeux et aux exercices, il observe la posture de l’enfant, sa coordination, sa manière de gérer ses émotions ou encore sa capacité à comprendre et suivre des consignes.
Certaines séances se déroulent aussi en petit groupe, ce qui permet également d’observer comment l’enfant interagit avec les autres et entre en relation.
On l’a vu dans les exemples, la psychomotricité couvre un champ d’action très large. Grâce au travail autour du corps, du jeu et des émotions, cette discipline peut accompagner les enfants et les aider à progresser sur de nombreux aspects de leur développement.
Faut-il une prescription ?
Oui, il faut une prescription d’un·e médecin généraliste ou spécialiste.
Ma vie en PLUS
Notez que l’INAMI ne rembourse pas les prises en charge en psychomotricité mais certaines mutuelles interviennent. Solidaris participe à hauteur de 3,5 € /séance pour un montant maximum de 350€/an.