Neurodivergence : mieux comprendre pour mieux accompagner
TDAH, autisme, HPI, dyslexie, dyscalculie… Des termes désignent des réalités différentes mais correspondent tous à des fonctionnements neurologiques qui s’écartent de ce qui est considéré comme « la norme ». On parle alors de neurodivergence. Une notion qui invite à porter un autre regard sur certaines façons de penser, d’apprendre, de communiquer ou de ressentir. Parce que derrière un enfant qui bouge beaucoup, qui supporte difficilement un changement de programme ou qui rencontre des difficultés à l’école, il y a souvent autre chose qu’un manque de volonté ou un « caprice ».
Qu’est-ce que la neurodivergence ?
La neurodivergence désigne la diversité des fonctionnements du cerveau humain. Une personne est dite neurotypique lorsque son fonctionnement neurologique correspond à celui de la majorité de la population. À l’inverse, une personne neurodivergente présente un fonctionnement différent.
Il n’existe d’ailleurs pas un seul profil neurodivergent. Le terme peut notamment englober :
- les troubles du spectre de l’autisme (TSA), qui peuvent notamment influencer la communication, les interactions sociales, le traitement des informations sensorielles ou le rapport aux routines. Chaque personne autiste a toutefois son propre fonctionnement et ses propres besoins ;
- le TDAH, trouble du neurodéveloppement qui peut entraîner des difficultés persistantes d’attention, d’impulsivité et de régulation de l’activité. Il peut également avoir des conséquences sur l’organisation, la gestion du temps, la planification ou la mémoire de travail ;
- les troubles « dys », qui regroupent différents troubles spécifiques des apprentissages, comme la dyslexie, la dysorthographie ou la dyscalculie. Ces difficultés ne sont pas liées à un manque d’intelligence : on peut parfaitement comprendre une matière tout en ayant des difficultés à la lire, à l’écrire ou à effectuer certains calculs.
La neurodivergence ne signifie pas qu’il faut « réparer » une personne pour la faire entrer dans une norme. C’est tout l’inverse ! Elle invite à questionner nos environnements et nos modes de fonctionnement pour permettre à chacun et chacune de trouver sa place.
Quand faut-il envisager un diagnostic ?
Pour les parents, certaines difficultés peuvent susciter des interrogations : un enfant qui peine à apprendre à lire, qui se concentre difficilement, qui semble particulièrement sensible à certains stimuli ou qui rencontre des difficultés dans ses relations avec les autres. Ces observations ne permettent pas, à elles seules, de poser un diagnostic. Mais elles peuvent constituer un point de départ pour demander conseil.
L’école peut être un premier interlocuteur. Les enseignant·e·s observent l’enfant dans ses apprentissages et dans ses relations avec les autres. Ils et elles peuvent partager leurs observations avec les parents et, si nécessaire, solliciter le centre PMS.
La·le médecin généraliste ou pédiatre peut également aider à faire le point et orienter vers les professionnel·le·s approprié·e·s : logopède, psychologue, neuropsychologue, pédopsychiatre… Le parcours dépendra des difficultés observées et du trouble éventuellement suspecté.
Comment se déroule un bilan diagnostic ?
Le bilan varie selon la situation, mais commence généralement par une anamnèse, c’est-à-dire un retour sur le développement de l’enfant et son fonctionnement dans différents environnements, notamment à la maison et à l’école.
Des tests, des observations et des outils standardisés peuvent ensuite être utilisés. Le croisement des regards de plusieurs professionnel·le·s permet souvent d’obtenir une compréhension plus complète des forces et des difficultés de l’enfant.
Un diagnostic n’est pas une fin en soi car chaque enfant a un mode d’emploi différent. Il peut toutefois permettre de mettre des mots sur certaines difficultés et d’identifier les accompagnements nécessaires : logopédie, psychomotricité, soutien psychologique, aménagements scolaires…
Pour les familles, cette compréhension peut aussi apporter un certain soulagement. Elle permet parfois de mieux interpréter certains comportements, d’ajuster les attentes et de chercher des solutions adaptées.
Un samedi, nous avons annoncé à mon fils que nous allions dans un magasin de sport bien précis pour acheter des chaussures. Sur place, le modèle souhaité n’étant plus disponible, nous devons changer de magasin. C’est la crise. Aller ailleurs, c’est un changement de plan. Et ce changement peut suffire à faire basculer la sortie. Ce n’est pas un caprice, c’est une perte de repères pour lui.
Alexandra, maman d’un petit garçon neurodivergent
Quels soutiens pour les familles ?
Une fois les difficultés identifiées, différents accompagnements peuvent être envisagés en fonction des besoins de l’enfant.
Chez Solidaris, plusieurs avantages ont été mis en place pour réduire le coût de ces accompagnements :
- Médi’Kids intervient dans la prise en charge de frais liés aux soins d’enfants concernés par des troubles dys, un trouble de l’attention ou des troubles autistiques.
- L’avantage répit peut soutenir les familles en intervenant dans les frais de garde d’une personne dépendante, afin de permettre aux proches de souffler.
- Solidaris propose également des interventions pour la logopédie, la psychomotricité, les consultations psychologiques ou encore le sport.
Les conditions d’intervention peuvent varier selon les situations. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de Solidaris pour connaître les aides auxquelles vous avez droit.
Faire une place à la neurodiversité
Mieux connaître la neurodivergence permet de mieux comprendre certaines difficultés. Mais cela ne suffit pas toujours.
Les personnes neurodivergentes peuvent aussi être confrontées à des obstacles liés à leur environnement : difficultés d’accès au diagnostic et aux soins, manque d’adaptations à l’école ou au travail, incompréhension, stigmatisation ou encore harcèlement.
Un enfant peut avoir énormément de qualités et être pourtant en grande difficulté dans un système qui exige précisément ce qui lui coûte le plus : rester assis, écouter longtemps, s’organiser, planifier.
Géraldine, maman d’Alexis
Pour Solidaris, reconnaître la neurodivergence, c’est aussi adapter la société plutôt que demander aux individus de s’y conformer à tout prix.
Cela ne signifie pas nier les besoins d’accompagnement ou les situations de handicap. Au contraire : il s’agit de mieux prendre en compte les réalités vécues et de créer les conditions permettant à chacune et chacun de participer pleinement à la vie sociale.
La neurodivergence nous rappelle une chose essentielle : il n’existe pas une seule bonne manière de penser, d’apprendre ou d’interagir avec le monde. Faire davantage de place à cette diversité, c’est construire des environnements plus inclusifs mais aussi une société plus juste et plus humaine.
Ma vie en PLUS
La neurodivergence fait partie intégrante des dix priorités identifiées par Solidaris pour répondre à la dégradation de la santé mentale des enfants et des jeunes.
Pour approfondir ces enjeux, Solidaris a réuni plus de 60 spécialistes issus des secteurs de la santé, de l’éducation, de la recherche et du psychosocial. De cette réflexion est né un mémorandum proposant dix priorités pour agir en faveur de la santé mentale des enfants et des jeunes.
Retrouvez le mémorandum complet sur le site de l’institut Solidaris.