Troubles DYS : comment les identifier et que faire ?
Lire, écrire, compter, s’organiser, parler… Pour la plupart des enfants, ces apprentissages se font progressivement à l’école. Mais pour certain·e·s, cela ressemble à un véritable parcours du combattant. Malgré les efforts, les difficultés persistent. C’est souvent dans ce contexte que l’on entend parler des troubles DYS : dyslexie, dyspraxie, dyscalculie… Des troubles spécifiques des apprentissages qui restent encore malheureusement mal connus ou incompris. Marie, logopède, fait le point sur le sujet avec nous pour Ma Vie en PLUS.
Les troubles DYS, de quoi parle-t-on exactement ?
Les troubles DYS font partie de l’ensemble des troubles neurodéveloppementaux et affectent une fonction précise : le langage écrit, le langage oral, la coordination des gestes, le raisonnement mathématique ou encore l’attention.
Ils apparaissent dès l’enfance et ne sont ni liés à un manque d’intelligence, ni à un défaut d’éducation ou de motivation.
Un enfant avec un trouble DYS peut donc être curieux, créatif, intelligent… tout en rencontrant des difficultés importantes dans certaines situations scolaires ou quotidiennes. Ces troubles sont durables, mais ils peuvent parfois être compensés grâce à un accompagnement adapté.
Parmi les plus connus, on retrouve la dyslexie (lecture), la dysorthographie (orthographe), la dyscalculie (mathématiques), la dyspraxie (coordination des gestes), la dysphasie (langage oral) D’autres troubles sont souvent associés aux troubles DYS, comme les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Le TDA/H est un trouble neurodéveloppemental, mais non un trouble spécifique des apprentissages « à proprement parlé ».
Quels signes peuvent mettre la puce à l’oreille des parents ?
Les troubles DYS ne se manifestent pas tous de la même façon, ni au même âge, il y a des différences interindividuelles importantes.
Chez les jeunes enfants, certains signaux peuvent apparaître assez tôt : un langage qui se met en place lentement, des difficultés à prononcer certains sons, à mémoriser des comptines ou à comprendre des consignes complexes.
Cela dépend du trouble : ils apparaissent avant ou pendant les premiers apprentissages (ex. : le langage oral peut être diagnostiqué très tôt et parfois bien avant les apprentissages alors que le langage écrit (dyslexie/dysorthographie) est « visible » lorsque l’enfant est dans les apprentissages).
Attention : il faut qu’il y ait eu un temps d’apprentissage suffisant pour écarter plutôt un « retard de lecture » ou autre difficulté.
Une fois franchi le cap de l’école primaire, les signes deviennent souvent plus visibles.
L’enfant lit lentement, inverse des lettres, se fatigue très vite face aux devoirs, peine à écrire lisiblement, à poser des calculs ou à s’organiser dans son travail. Malgré les répétitions, les progrès semblent minimes, ce qui peut être décourageant.
Chez les plus grand·e·s, les répercussions sont parfois davantage émotionnelles : perte de confiance en soi, stress face à l’école, évitement des tâches scolaires, sentiment d’être « nul·le » ou « moins capable » que les autres.
Attention, ces signaux ne signifient pas automatiquement un trouble DYS, mais ils méritent d’être pris au sérieux, surtout lorsqu’ils persistent dans le temps.
Il est important d’exclure des problèmes liés à l’audition, à la concentration et tout autre facteur avant de poser le diagnostic DYS.
Pourquoi un dépistage précoce est essentiel ?
Plus un trouble DYS est repéré tôt, plus il est possible de mettre en place des mécanismes efficaces pour aider l’enfant. Un dépistage précoce permet d’éviter que les difficultés ne s’installent durablement et n’affectent l’estime de soi.
Identifier un trouble DYS, ce n’est pas « coller une étiquette », mais au contraire mettre des mots sur une réalité, comprendre ce qui se joue, et adapter l’environnement pour que l’enfant puisse apprendre autrement. Cela permet aussi aux parents et aux enseignant·e·s de mieux ajuster leurs attentes et leurs méthodes.
Vers qui se tourner en cas de doute ?
La première personne à qui en parler reste souvent l’enseignant·e, qui observe l’enfant dans un cadre d’apprentissage structuré. En cas de questionnement, une discussion avec le·la médecin traitant·e ou le·la pédiatre est une étape clé. Il ou elle pourra orienter vers des professionnel·le·s spécialisé·e·s.
La·le logopède joue un rôle central dans l’évaluation et l’accompagnement dès le plus jeune âge. Selon la situation, d’autres professionnel·le·s peuvent également intervenir : neuropsychologue, psychomotricien·ne, ergothérapeute, ou encore psychologue.
Le diagnostic est généralement posé à l’issue d’un bilan pluridisciplinaire, qui permet de mieux cerner les forces et les difficultés de l’enfant, et d’ensuite lui élaborer un projet d’accompagnement personnalisé.
Que peut-on mettre en place au quotidien ?
Même s’ils ne « disparaissent » pas, les troubles DYS peuvent être largement compensés. Des séances de logopédie permettent de développer des stratégies adaptées et de renforcer les compétences fragilisées.
À l’école, des aménagements raisonnables peuvent être mis en place : plus de temps pour les évaluations, consignes reformulées, supports visuels, outils numériques…
À la maison aussi, l’environnement peut faire la différence, par exemple : le fait d’avoir des livres à la maison, d’avoir des moments de lecture, des moments de jeu dès le plus jeune âge sont importants et bénéfiques pour l’enfant. Cela n’empêche pas d’avoir un trouble DYS mais ce sont des facteurs positifs.
Encourager les efforts plutôt que les résultats, valoriser les réussites (même petites), instaurer des routines rassurantes et rester attentif·ve au bien-être émotionnel de l’enfant sont autant de leviers essentiels.
Un message clé : chaque enfant apprend autrement
Il est important de retenir qu’avoir un trouble DYS ne définit pas un enfant, ni son avenir.
De nombreuses personnes concernées développent une grande créativité, des compétences solides dans d’autres domaines et ce, à condition d’être comprises et soutenues.
La clé est d’encourager chaque effort et d’être bien entouré·e afin d’accompagner au mieux votre enfant dans son épanouissement.
Ma Vie en PLUS
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