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Ménopause : une période encore trop taboue

Épisode 26 -

Manque de formation du corps médical, surmédicalisation d’un processus naturel, erreur de diagnostic, réflexions sexistes et âgistes… les personnes périménopausées et ménopausées sont les premières victimes des tabous existants autour de cette période de transition hormonale. Sofélia, la fédé militante des Centres de Planning Familial solidaires, lance une campagne de sensibilisation pour informer les personnes concernées et le grand public. Rencontre avec Juliette Bell Andrade, chargée de mission et juriste chez Sofélia.

C’est quoi la ménopause ?

Selon les définitions officielles, une personne est considérée comme ménopausée lorsqu’elle n’a plus eu ses règles pendant 1 an. La périménopause est une période de transition hormonale et physiologique qui commence généralement entre 42 et 45 ans et qui englobe toute cette période, du début des fluctuations hormonales à la fin de règles et la postménopause.

Dans notre société occidentale, la ménopause est toujours envisagée sous un angle médical et de santé. Or, la ménopause n’est pas une maladie mais un processus naturel, une transition hormonale chez les femmes. Pour sortir de cette vision, c’est important de parler d’« effets » plutôt que de « symptômes ».

Quels sont les effets de la ménopause ?

Au niveau des effets physiques, on va retrouver, par exemple, les fameuses bouffées de chaleur, la transpiration excessive, la fatigue, les insomnies, les douleurs articulaires, la sècheresse vaginale ou encore les troubles urinaires. D’un point de vue psychologique, le brouillard mental est souvent cité, les pertes de concentration, l’anxiété, les troubles de l’humeur ou encore la dépression.

Il importe toutefois de préciser deux choses :

  • Ce n’est pas la présence ou l’absence d’effets qui va déterminer s’il y a ménopause ou non, c’est le cumul de différents paramètres précis comme l’absence de règles. Certaines femmes vont considérer qu’elles ne sont pas ménopausées car elles ne ressentent aucun effet alors qu’elles le sont ou peuvent l’être.
  • Ce n’est pas la ménopause en elle-même qui va être à l’origine de tous les effets ressentis. L’hygiène et les modes de vie peuvent avoir un impact important sur les effets vécus (ex : maladies préexistantes, tabagisme, consommation d’alcool, sédentarité…).

Les effets sont donc propres à chaque personne et les vécus peuvent être très différents.

Pourquoi est-ce que la ménopause est encore un sujet tabou ?

Aujourd’hui, dans notre société, les femmes sont encore trop souvent perçues sous le prisme de leur fonction reproductive. Dès qu’on sort de la norme de la femme fertile ou même celle du corps masculin, a priori fertile toute sa vie, on entre dans le tabou et on se retrouve face à un environnement inadapté.

Les personnes concernées ne savent pas vers qui se tourner et ne trouvent pas le soutien nécessaire. Le corps médical n’est pas encore assez formé sur ces questions. Les femmes se voient souvent ballotées d’un·e professionel·le à l’autre sans suivi ni réponses à leurs questions.

Est-ce que de ce tabou peut naitre une certaine violence ?

Oui, absolument. On peut répertorier différents types de violences :

  • Le fait qu’on n’en parle pas et que l’opinion publique ne s’empare pas de cette question constitue déjà une forme de violence. Outre le fait de ne pas savoir où trouver du soutien, il est courant pour les personnes concernées de recevoir des réflexions sexistes. Elles vont être confrontées à des remarques du type : « T’as chaud, t’as des bouffées de chaleur ?! » ou « T’es ménopausée ou quoi ? ».
  • C’est important de rappeler qu’une femme va quand même passer la moitié de sa vie en ménopause et périménopause. L’impact sur la sphère professionnelle peut donc aussi être important et violent. Des enquêtes ont démontré que certaines personnes ménopausées refusent spontanément une promotion ou une proposition professionnelle par manque de confiance en leurs capacités en période de ménopause ou de périménopause. Le brouillard mental est souvent évoqué.
  • Au niveau de la sphère médicale, les erreurs de diagnostic sont fréquentes et très dommageables pour la santé des femmes. Il n’est pas rare qu’une personne présentant des effets liés à la ménopause se voit prescrire une boite d’anti-dépresseurs. La méconnaissance du corps médical est une forme de violence.

Où trouver information et écoute ?

Sachez d’abord que vous n’êtes pas seule ! Ensuite, ne vous arrêtez pas au premier professionnel ou à la première professionnelle qui vous dit qu’il ou elle ne « fait pas ça » ou « ne peut pas vous prendre en charge ». Les centres de planning familial de Sofelia sont là pour vous aider ou vous orienter vers les bonnes personnes. Dans le cadre de notre campagne en éducation permanente 2026, nous avons édité une brochure d’information pour mieux comprendre ce qui se passe dans le corps et la tête durant cette période mais aussi pour accompagner les personnes concernées et sensibiliser le grand public.

Ma vie en PLUS

La brochure de Sofélia est dès à présent disponible en ligne. N’hésitez pas à vous rendre dans un centre de planning familial près de chez vous pour en discuter avec des professionnel·lle·s.