Quand la maladie frappe : témoignage à coeur ouvert

À l’occasion d’Octobre Rose, Sandra, notre collègue assistante sociale, a accepté de partager son expérience du cancer du sein.
Un témoignage sincère et inspirant sur l’annonce de la maladie, le parcours de soins, l’importance de l’entourage et du dépistage.

Comment as-tu réagi lorsque le diagnostic est tombé ?

L’annonce du cancer a été un choc, pour moi comme pour mon entourage.

C’est un véritable séisme intérieur qui s’invite brutalement dans le quotidien.

Les informations médicales arrivent en masse et, dans les premiers moments, on n’est pas capable de tout comprendre ni de tout retenir.

J’ai rapidement compris l’importance d’être bien accompagnée. Mon médecin généraliste a joué un rôle essentiel. Entre les explications très techniques du chirurgien et les nombreuses questions qui surgissent, il a su vulgariser les informations et m’aider à comprendre mon type de cancer, son stade, les traitements envisagés et leurs effets secondaires. Pourtant, je travaille dans le secteur social depuis 25 ans et j’accompagne des affiliés depuis de nombreuses années. Mais lorsqu’on est soi-même concerné, on passe de l’autre côté.

Dans mon cas, il s’agissait d’un cancer du sein de stade 2. Une lésion de 14 millimètres a été détectée et une intervention chirurgicale était nécessaire.

Comment ton entourage a-t-il vécu cette épreuve ?

L’annonce a été difficile, notamment pour mes enfants. Je n’ai pas voulu leur mentir. Je leur ai expliqué la situation avec des mots simples et adaptés à leur âge. Mon fils avait 14 ans et ma fille 17 ans. Ils étaient capables de comprendre ce qui se passait.

Les premiers moments ont été compliqués, mais les jeunes ont cette capacité à rebondir rapidement. Ils étaient évidemment inquiets, surtout au moment de l’opération, mais ils ont continué à vivre leur vie d’adolescents, et c’est tant mieux.

Mon compagnon a été très présent tout au long du parcours. Il m’accompagnait à chaque consultation médicale. Avec la fatigue, les émotions et le stress, il était parfois difficile de retenir toutes les informations transmises par les médecins. Sa présence m’a beaucoup aidée.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est son attitude positive. Il ne minimisait pas la maladie, mais il ne laissait pas paraître ses peurs. J’avais besoin de cette énergie-là pour avancer.

Quelle a été l’étape la plus difficile de ton parcours ?

Sans hésiter, l’attente entre le diagnostic et l’opération.

J’ai reçu mon diagnostic le 29 janvier et j’ai été opérée le 16 mars. Pendant plusieurs semaines, j’ai dû attendre l’ensemble des résultats pour savoir exactement où j’en étais. On sait qu’on a un cancer, mais on ignore encore beaucoup de choses : y a-t-il des métastases ? Quel sera le traitement ? Quelles seront les conséquences ?

Cette période d’incertitude a été particulièrement éprouvante. Après l’opération, les médecins ont pu analyser les ganglions prélevés et établir un plan de traitement plus précis.

Pour ma part, je n’ai pas dû suivre de chimiothérapie. J’ai bénéficié d’un traitement par radiothérapie avec des séances quotidiennes à l’hôpital. La fatigue était bien présente, mais j’ai eu la chance d’être très bien entourée.

Qu’est-ce qui t'as aidé à garder espoir ?

Mes enfants, avant tout.

J’ai deux adolescents à la maison et la vie continue malgré la maladie. Il faut les emmener à l’école, les conduire à leurs activités, maintenir un certain rythme. Cela m’a aidée à conserver un lien avec le quotidien et à ne pas rester enfermée dans la maladie.

Mon compagnon a également été un soutien précieux, tout comme mes collègues, mes amis et ma famille. Parfois, ce sont de petites attentions qui font toute la différence. Ma maman, par exemple, a pris en charge certaines tâches du quotidien comme le ménage. Ce n’était peut-être pas toujours facile pour elle d’exprimer ses émotions, mais son aide concrète m’a énormément soulagée.

Je me suis rendu compte qu’il était essentiel de ne pas s’isoler. Chacun réagit différemment face à la maladie, mais le soutien des proches permet d’avancer, de continuer à faire des projets et de garder confiance en l’avenir.

Quel message souhaites-tu faire passer dans le cadre d’Octobre Rose ?

Le premier message est simple : faites-vous dépister.

Depuis que j’ai vécu cette expérience, je me rends compte qu’il existe encore beaucoup de femmes qui repoussent cet examen par peur ou par appréhension. Je les comprends parfaitement, parce que moi aussi j’appréhendais mes examens. Pourtant, le dépistage reste essentiel. Les gestes d’autopalpation également.

Plus un cancer est détecté tôt, plus les traitements ont de chances d’être légers.

Mon radiothérapeute me l’a souvent rappelé. J’ai eu la chance d’éviter la chimiothérapie, contrairement à d’autres femmes rencontrées au cours de mon parcours médical.

J’aimerais aussi rappeler l’importance de soutenir la recherche médicale. Les progrès réalisés aujourd’hui dans le traitement du cancer du sein sont considérables. Les traitements sont de plus en plus personnalisés, et cela est notamment rendu possible grâce à la recherche, aux dons et aux actions de sensibilisation.

J’ai envie de dire qu’il est possible de traverser cette épreuve, même si le parcours est difficile. Les traitements, l’opération et les effets secondaires entraînent des changements physiques et psychologiques importants. Il y a clairement un « avant » et un « après ».

Un dernier mot ?

Témoigner, c’est aussi briser l’isolement.

Pendant mes traitements, j’ai rencontré de nombreuses personnes qui vivaient leur maladie dans une grande solitude. Certaines éprouvaient même de la gêne à en parler. Pourtant, le cancer ne devrait jamais être un sujet tabou.

Je voudrais également évoquer un sentiment que beaucoup connaissent : la culpabilité. Lorsque j’ai appris mon diagnostic, je me suis demandé ce que j’avais fait de travers. J’ai essayé de comprendre pourquoi cela m’arrivait alors que je fais du sport, que je fais attention à mon alimentation et que je prends soin de ma santé.

Mais les médecins me l’ont répété : il n’y a pas de profil type. Le cancer peut toucher n’importe qui.

C’est pourquoi il est essentiel de parler, de s’informer, de se faire accompagner et de ne jamais rester seul face à la maladie.

Ma Vie en PLUS

En Belgique, toutes les femmes âgées de 50 à 69 ans reçoivent une invitation à participer à un dépistage le mois de leur anniversaire, puis tous les deux ans après le dernier mammotest négatif. Celui-ci est organisé par les régions et est entièrement gratuit. Plus d’infos ici. 

Chez Solidaris, nos centres de référence vous proposent des consultations en gynécologie et sénologie aux tarifs conventionnés.