Retour au travail : pourquoi pas le temps partiel médical ?

Alors que le nombre de personnes en incapacité de travail ne cesse d’augmenter en Belgique (plus d’un demi-million aujourd’hui), Solidaris sort une étude sur les dispositifs de reprise progressive du travail pour retrouver le chemin de l’emploi. Ma vie en PLUS a pu récolter le témoignage d’Amélie, sortie de l’incapacité de travail grâce au temps-partiel médical. Rencontre…

Amélie, 38 ans, travaillait depuis 6 ans comme employée avant d’être victime d’un burn-out foudroyant. Après plus d’un an d’incapacité, son médecin traitant et sa psychologue lui parlent de la possibilité de reprendre le travail en mi-temps médical. Non sans craintes, elle accepte. « J’avais terriblement peur, mon estime de moi était au plus bas. Est-ce que j’allais être capable d’être à nouveau performante et fournir un travail de qualité ? ».

Un mécanisme d’une grande flexibilité

La reprise du travail à temps partiel est un mécanisme flexible de retour au travail qui permet de concilier activité professionnelle adaptée et poursuite des soins, tout en conservant le statut d’incapacité de travail. Il peut s’effectuer chez l’employeur initial, dans un nouvel emploi ou sous statut d’indépendant, sous certaines conditions.

« Quand on m’a parlé du temps-partiel médical, je me suis sentie soulagée. Je ne me sentais pas du tout capable de reprendre à temps-plein. Reprendre pas à pas me paraissait beaucoup plus réaliste. La médecin-conseil de Solidaris a également été très rassurante et m’a soutenue dans la démarche. J’étais en confiance et je me suis lancée », raconte Amélie.

Un bilan positif

Très vite, Amélie réalise que le mi-temps médical est ce qu’il lui faut. « Le retour s’est bien passé, j’ai retrouvé mes marques, un rythme, un cadre et des contacts sociaux avec mes collègues. Ça m’a permis d’être moins autocentrée et de ne plus tourner en rond chez moi ».

Avant la reprise, Amélie craignait de se sentir en décalage avec le reste de l’équipe qui travaille à temps-plein ou de se sentir nulle car elle aurait, de facto, moins de travail que ses collègues. Des craintes infondées qui ne se sont pas matérialisées.

L’importance du soutien de l’employeur

Amélie a eu la chance d’obtenir le soutien de sa direction et de ses collègues. « Tout le monde m’a vraiment soutenue. Mon mi-temps médical a été bien perçu et on ne m’a pas bombardée de travail dès mon retour ».

Un an plus tard, Amélie s’apprête à passer en 3/5ème médical. « Pour l’instant, je travaille le lundi, mardi et jeudi matin. Lorsque je ne travaille pas, je dors beaucoup car je ne suis pas encore tout à fait guérie. Je vais bientôt travailler le jeudi après-midi également. Si cela se passe bien, je passerai rapidement en 4/5ème. Je continue d’avancer pas à pas, à mon rythme. Je ressens une certaine fierté d’avoir repris le travail et mon estime de moi est meilleure ».

Si les données de Solidaris indiquent que près d’un tiers des salariés reprennent une activité à temps-plein après un temps-partiel médical, ils sont un sur deux à retourner en incapacité complète. Compte tenu de l’état de santé des participant·e·s, il parait logique que la participation à ce dispositif ne se traduise pas systématiquement par un retour réussi à l’activité à temps plein.

Ma vie en PLUS

L’étude de Solidaris est à retrouver dans son intégralité sur le site de l’institut Solidaris.

Si vous souhaitez bénéficier d’un retour au travail à temps-partiel, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou au médecin-conseil de votre mutualité.