Témoignage : « j’ai accouché à domicile »

Nanau est maman de 3 enfants. Après des violences obstétricales subies lors de son premier accouchement, elle choisit* d’accoucher de son deuxième enfant chez elle. Pour Ma vie en PLUS, elle revient sur ce choix et nous raconte comment le suivi de grossesse et l’accouchement se sont déroulés.

Un premier accouchement traumatique

« J’ai accouché de mon premier enfant il y a 8 ans, à l’hôpital, comme tout le monde, sans vraiment me questionner sur les choix qui s’offraient à moi », commence la jeune maman. « Le gynécologue qui me suivait a décidé de déclencher mon accouchement un jour avant le terme sans raison médicale mais je n’ai pas questionné son choix ». Les complications commencent : perçage manuel de la poche des eaux, travail trop lent, cœur du bébé qui décélère, forceps, épisiotomie… Nanau assiste, impuissante, à la surmédicalisation de son accouchement et vit une période de post-partum compliquée et douloureuse.

Un choix différent

Quelques années plus tard, la jeune femme est enceinte de son deuxième enfant. « J’étais toujours traumatisée par cet accouchement mais je voulais plusieurs enfants donc je me suis intéressée aux autres formes possibles d’accouchement. C’était assez compliqué de trouver l’information. Ça peut paraitre bizarre mais ce sont des groupes spécialisés sur les réseaux sociaux qui m’ont permis de comprendre l’intérêt de l’accouchement physiologique et de trouver une sage-femme qui pratique ce type d’accouchement à domicile ».

En effet, contrairement à certains de nos voisins comme les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, il n’existe en Belgique aucun site officiel qui propose une information centralisée sur les différents types d’accouchements possibles, ni de liste complète des lieux d’accouchement alternatifs. Cette difficulté d’accès à l’information constitue un obstacle au droit des femmes de choisir les circonstances et le lieu de leur accouchement. Des initiatives existent toutefois :

Un suivi pluridisciplinaire

« Mon suivi de grossesse était relativement classique avec un contrôle par mois et des examens plus rapprochés sur la fin. C’est ma sage-femme qui s’en chargeait. Seules les trois échographies morphologiques devaient être réalisées par mon gynécologue ».

Quel que soit le lieu de l’accouchement, consulter un·e sage-femme est toujours une bonne idée. Gardien·ne·s de la physiologie, les sages-femmes offrent un suivi global de la grossesse, de multiples conseils, des préparations à l’accouchement et prennent le temps de répondre aux questions personnelles des parents.

« Puisque j’avais choisi d’accoucher chez moi, nous avons dû préparer la maison. J’aurais adoré accoucher dans une piscine mais ma sage-femme n’en avait pas et nous ne souhaitions pas en louer une. Nous avons donc installé un matelas dans le salon avec des bâches et des draps de protection. » Nanau et son mari écrivent également un projet de naissance précisant leurs choix, important notamment en cas de transfert à l’hôpital.

Le jour J : entre peur et émerveillement

« La date présumée de l’accouchement était le 1er mars mais aucun signe de travail ce jour-là. Je suis allée faire une séance d’acupuncture et le 3 mars, au petit matin, j’ai perdu le bouchon muqueux », raconte Nanau. « La sage-femme nous a dit qu’on pouvait rester à la maison et laisser le travail s’installer. Nous sommes allés nous promener pour stimuler le travail et les contractions se sont intensifiées ». La sage-femme arrive à 17h, accompagnée d’une collègue et d’une stagiaire. Même si ce n’est pas une obligation légale, les sages-femmes travaillent souvent en binôme lorsqu’elles ou ils pratiquent des accouchements en maison de naissance ou à domicile.

« Ma sage-femme comprend tout de suite, en me voyant, que je ne vais pas très bien. ». De nombreuses pensées se bousculent dans la tête de la jeune maman : la peur de revivre un accouchement difficile, les incertitudes liées à l’accouchement à domicile et une forme de nostalgie par rapport à son premier enfant qui allait devenir grand frère. « Ma sage-femme a été super, elle m’a fait danser, a mis de la musique pour me détendre. Nous nous sommes même endormies toutes les deux dans le divan ! ».

accouchement doppler

Les évènements s’enchainent alors rapidement. Tandis que Nanau se tortille dans le divan pour trouver la position qui apaise sa contraction, la poche des eaux se rompt. « J’ai très vite senti l’irrépressible envie de pousser, le cercle de feu et 15 minutes plus tard, ma fille est arrivée. J’étais à quatre pattes, c’est la sage-femme qui l’a réceptionnée. Je n’osais pas trop me retourner. Et puis je l’ai vue, ce merveilleux bébé de 3,8 kg et 52 cm. » Nanau profite des premiers instants avec son bébé tout en recevant les soins post-accouchement. « J’ai eu une petite déchirure naturelle et 3 points de suture mais je n’ai rien senti, ni pendant, ni après ».

Position accouchement
Délivrance

Un post-partum apaisé

La sage-femme est restée auprès de Nanau et de son bébé durant plusieurs heures après l’accouchement pour s’assurer que tout allait bien. L’accompagnement a continué durant la période de post-partum avec une visite quotidienne les premiers jours et puis hebdomadaire.

« Notre bébé est un bébé lotus. C’est-à-dire que nous avons conservé son placenta attaché au cordon ombilical jusqu’à ce qu’il se détache naturellement après quelques jours. On a ensuite planté un arbre pour ma fille dans le jardin accompagné du placenta », détaille Nanau. « C’était très beau, je me suis sentie puissante durant cet accouchement et les jours qui ont suivi. Je trouvais ça incroyable d’avoir pu accoucher dans mon salon ! ».

Bébé lotus

Ma vie en PLUS

Vous hésitez sur le lieu idéal pour votre accouchement et la naissance de votre enfant ? Découvrez nos conseils sur le sujet…

Solidaris assurances intervient dans le cadre d’un accouchement à domicile ou en maison de naissance. Découvrez les assurances hospitalisation de Solidaris.

 

* En Belgique, l’accouchement à domicile est autorisé, mais encadré par des conditions assez strictes : grossesse à bas risque, absence d’antécédents médicaux, bébé à terme, présentation céphalique (tête en bas) … S’il y a contre-indications, il est impératif d’accoucher à l’hôpital. Plus d’infos ici.