Cancer du col de l’utérus : un nouveau test de dépistage
Le cancer du col de l’utérus touche environ 600 femmes par an en Belgique et est principalement causé par le virus HPV. Grâce aux progrès de la science, un nouveau test de dépistage permet aujourd’hui de repérer le virus avant même l’apparition des cellules cancéreuses. Explications avec Valérie Fabri, médecin chez Solidaris.
Que sont les HPV ?
Les papillomavirus humains (HPV) sont des infections sexuellement transmissibles (IST) qui se déclinent en plus de 200 types. La plupart de ces virus n’auront aucun impact sur la santé humaine. Certains peuvent toutefois provoquer des verrues génitales, des lésions cutanées bénignes ou, parfois, des cancers au niveau des zones touchées (col de l’utérus, vagin, vulve, pénis, gorge, bouche…)
Comment attrape-t-on un HPV ?
Les HPV s’attrapent lors de rapports sexuels. Il ne faut pas nécessairement de pénétration : un simple contact entre muqueuses suffit.
Pourquoi est-ce que le test de dépistage du cancer du col de l’utérus a changé ?
Aujourd’hui, nous avons deux tests pour le dépistage du cancer du col de l’utérus.
Entre 25 ans et 30 ans*, c’est l’ancien test qui est toujours proposé et ce, tous les 3 ans. On fait un frottis et on regarde si des cellules ont été infectées et transformées par le virus. Si les cellules sont normales, tout va bien, on revient dans 3 ans. Si les cellules présentent des transformations, on va proposer un suivi et, parfois, un traitement en fonction des cas.
Après 30 ans, on propose dorénavant un nouveau test, basé sur une nouvelle technologie prouvée scientifiquement. C’est un test à réaliser tous les 5 ans. Il permet d’identifier la présence du virus HPV dans les cellules avant même l’altération de celles-ci. Si le virus est détecté, des examens complémentaires seront réalisés.
La science ne fonctionne pas en année civile. On n’espace pas les tests dans le temps pour faire des économies. Ils sont espacés car la science progresse et avec elle, les techniques d’analyse qui deviennent de plus en plus pointues.
Il existe également un vaccin pour les moins de 26 ans, c’est correct ?
Oui et heureusement ! Cependant, pour que ce vaccin soit vraiment efficace, il importe de le faire avant d’avoir rencontré le virus pour la première fois. C’est pourquoi, en Belgique, une vaccination scolaire est proposée aux jeunes de 13 à 14 ans. Elle concerne aussi bien les filles que les garçons qui peuvent également transmettre le virus ou en être victime (cancer du pénis ou la gorge par exemple).
Est-ce qu’on doit se faire dépister si on a été vacciné ?
Oui car le vaccin ne protège pas contre tous les types de HPV. De plus, toute la population n’étant pas vaccinée, le virus circule toujours.
Ma vie en PLUS
Depuis l’espacement des tests de dépistage dans le temps (d’abord un test tous les ans, puis tous les 3 ans et maintenant tous les 5 ans), de moins en moins de femmes se font dépister. Le dépistage est pourtant essentiel ! Le cancer de l’utérus est le 4ème cancer le plus important chez les jeunes femmes de 25 à 44 ans.
Si vous avez plus de 30 ans, prenez rendez-vous chez votre gynécologue, dans votre centre de planning familial ou chez votre médecin généraliste (certain.e.s réalisent des frottis) pour bénéficier de ce nouveau test de dépistage. Il est entièrement remboursé.
*En Belgique, on ne dépiste pas les femmes avant 25 ans car le cancer est très rare dans cette tranche d’âge. De plus, chez les jeunes femmes actives sexuellement, le système immunitaire élimine souvent l’infection spontanément. Dépister trop tôt pourrait alors mener à des examens et traitements inutiles. Plus d’infos…