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La sexualité pendant et après la grossesse

Épisode 21 -

Peut-on avoir une sexualité « normale » pendant la grossesse ? Quels risques pour bébé ? Et si on n’en a pas envie ?  Ce sont des questions que beaucoup de futurs parents se posent. Asma Souissi, sage-femme chez Babyzen, répond à nos questions sur la sexualité pendant la grossesse.

Est-ce qu’on peut avoir une sexualité normale pendant la grossesse ?

Oui, on peut tout à fait avoir des rapports sexuels pendant la grossesse. C’est même très bénéfique pour la maman et pour le bébé qui va ressentir en fait tout ce que sa maman ressent. Si la maman est stressée, le bébé va ressentir le stress. Si la maman est complètement détendue, euphorique ou joyeuse, suite à un rapport sexuel, le bébé se sentira bien.

Il n’y a donc aucun danger à entretenir des rapports sexuels lors de la grossesse ? 

Il n’y a vraiment aucun danger puisque le bébé est dans sa poche et protégé par le liquide amniotique. Aucun risque non plus de lui transmettre des bactéries puisque le bouchon muqueux ferme le col de l’utérus.

On peut donc avoir des rapports sexuels tout à fait normaux, pour peu que ce ne soit pas contre-indiqué par la·le médecin.

Est-ce qu’il y a des choses à éviter ?

A priori, non, il n’y a rien à éviter sauf avis contraire de votre médecin. Évidemment, si on utilise des sex-toys, il faut garder cette hygiène impeccable que vous auriez eue avant la grossesse. Pendant la grossesse, il faut y faire encore plus attention.

Le corps de la femme change lors de la grossesse. Certaines positions sexuelles ne seront plus possibles à un moment donné. Il faudra un peu s’adapter, mais ça fait partie du jeu…

Est-ce qu’il peut y avoir des blocages psychologiques ?

Oui, on peut avoir peur de faire mal au bébé ou ne plus savoir comment se positionner. On peut également ressentir la pression de devoir faire l’amour quand on fait partie d’un couple. Il importe de rappeler qu’il ne faut rien faire si on n’en a pas envie. L’important est d’en parler ! Si on n’arrive pas à parler de ces blocages avec son ou sa partenaire, il ne faut pas hésiter à contacter un·e sage-femme, un·e sexologue, un·e sexothérapeute, un·e psychologue ou sa·son médecin généraliste.

Qu’en est-il après l’accouchement ?

En règle générale, on conseille d’attendre 6 semaines après l’accouchement avant de reprendre les rapports sexuels. Ça, c’est quand tout va bien ! À partir du moment où il y a eu épisiotomie, déchirure ou encore césarienne, il faut laisser le temps aux chairs de se réparer pour éviter des complications par la suite.

Et la contraception dans tout ça ?

On va toujours conseiller à une maman de reprendre un moyen contraceptif après l’accouchement. Si elle choisit la pilule, le patch ou encore l’implant on va pouvoir commencer 2 à 3 semaines après l’accouchement. S’il s’agit d’un stérilet, il faut attendre la réparation des chairs et le feu vert de son·sa gynécologue.

Contrairement à certaines idées reçues, l’allaitement, tel qu’il est pratiqué dans notre société, ne protège pas d’une future grossesse. Pour que l’allaitement soit une protection, il faudrait allaiter exclusivement, un laps de temps bien précis et à des moments bien définis dans une journée. Ces conditions-là sont quasiment impossibles à reproduire de nos jours.

Quelques conseils pour les parents ?

Pendant la grossesse, continuez votre routine de couple. N’hésitez pas à parler de votre sexualité ensemble. Il ne faut pas que ça devienne un tabou.

Après l’arrivée de bébé, énormément de choses vont venir perturber votre vie de couple. Les nuits difficiles, la fatigue accumulée, la réparation des chairs, la montée de lait, l’allaitement qui se met en place…. Il faut accepter que ça prenne du temps, que la relation sexuelle ne soit pas aussi régulière ou intense qu’avant la naissance du bébé. Le plus important, c’est de rester à l’écoute l’un de l’autre et de ne pas se mettre la pression. Parfois, des moments de tendresse, des baisers, des câlins, un simple contact physique, c’est déjà beaucoup et ça permet de maintenir ce lien d’intimité. Il ne faut pas hésiter à parler de ses ressentis, de ses peurs, de ses envies, c’est essentiel pour traverser cette période de manière plus sereine.

Les papas ou co-parents aussi peuvent se sentir un peu délaissés ou frustrés, car souvent, toute l’attention est portée sur la maman et le bébé. Il est important qu’ils trouvent, eux aussi, leur place dans ce nouveau trio, qu’ils soient impliqués au quotidien, qu’ils participent aux soins, aux biberons ou aux moments de détente avec bébé. Cela renforce le couple et les liens familiaux.

Enfin, si vous avez des doutes, des questions, ou des difficultés, n’hésitez pas à en parler avec un·e professionnel·le de santé. Sage-femme, gynécologue, psychologue, sexologue peuvent vous accompagner dans cette nouvelle étape de votre vie et vous aider à retrouver une sexualité épanouie, adaptée à votre nouveau quotidien.

Ma vie en PLUS

Des questions restent en suspens ? Les sage-femmes de la CSD sont là pour y répondre. Elles vous accompagnent à domicile 7j/7 et vous dispensent des soins et conseils avant, pendant et après votre grossesse.

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