Droits des femmes 8 mars : pourquoi la liberté associative est essentielle
Derrière chaque droit conquis, il y a des luttes collectives, des associations et des espaces où la parole peut exister. À l’occasion du 8 mars, Ma vie en PLUS rappelle pourquoi la liberté associative est une condition essentielle de l’égalité entre les femmes et les hommes, et pourquoi sa fragilisation met des vies en danger.
Ce matin, une femme pousse la porte d’un centre de planning familial. Elle vient y chercher une information, une écoute, un soutien. Peut‑être une réponse à une grossesse non désirée, à une violence subie, à une injustice trop lourde à porter seule…
Chaque femme a une bonne raison d’être là, à nous de l’entendre, confie Ann, psychologue au Centre de planning familial Aurore Carlier.
Mais qu’en sera-t-il demain ?
Si les associations sont contraintes de mettre la clé sous le paillasson, si les voix se taisent, si manifester devient un risque, où ira‑t‑elle ? Fragiliser les associations, c’est fragiliser des vies. C’est pourquoi, en ce 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, défendre la liberté associative revient à protéger des espaces vitaux de prévention, de solidarité et d’émancipation.
Pas d’égalité sans libertés : une réalité encore trop fragile
Les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Il suffit de peu pour qu’ils vacillent. Le droit de vote, le droit à disposer de son corps, l’accès à la contraception, à l’IVG ou la lutte contre les violences intrafamiliales sont le fruit de mobilisations constantes.
Et pourtant, aujourd’hui encore, ces droits reculent. C’est le cas en Pologne, aux États‑Unis… et ailleurs.
Chez nous aussi, la menace plane. En effet, derrière les restrictions budgétaires, la précarisation du secteur non marchand ou les attaques contre le droit de manifester, ce sont des choix politiques concrets qui fragilisent les fondements mêmes de la démocratie.
Les associations, piliers des droits des femmes et du vivre ensemble
Dans ce contexte, le rôle des associations est central. Centres de planning familial, mouvements d’éducation permanente, collectifs militants… : ces structures créent des espaces où l’on peut se rencontrer, se reconnaître et se soutenir. Autrement dit, ce sont de véritables lieux de citoyenneté, de débat et de lien social. Elles transforment l’isolement en solidarité et les vécus individuels en revendications collectives.
Quand on se met ensemble, on déplace des montagnes , témoigne Margot, animatrice chez Soralia.
Les associations, contre pouvoir indispensable à la démocratie
Au-delà de leur rôle social, les associations jouent un rôle politique au sens noble du terme. Dans une démocratie, le pouvoir ne peut être concentré entre quelques mains : il a besoin de contre‑poids.
À ce titre, les associations jouent ce rôle fondamental. Elles alertent sur les dérives, interpellent les décideurs politiques et défendent les droits de publics invisibilisés ou marginalisés. Dès lors, lorsque les associations féministes sont affaiblies – par une diminution des subsides ou par des restrictions à la liberté de se réunir et de s’exprimer – ce n’est pas seulement le secteur associatif qui est touché. C’est la capacité collective à défendre l’intérêt général et à résister aux reculs démocratiques qui vacille.
Des associations essentielles à la prévention
Cette fragilisation a des conséquences très concrètes car prévenir les violences, les grossesses non désirées ou les renoncements aux soins et aux droits passe par l’existence d’un tissu associatif fort et reconnu.
La prévention ne se limite pas à des messages de sensibilisation. Elle repose avant tout sur l’existence de lieux sûrs, accessibles, où l’on peut parler librement, poser des questions et être accompagné·e sans jugement. Sans liberté associative et sans moyens suffisants, ces espaces disparaissent. Et avec eux, des filets de sécurité indispensables au bien‑être individuel et collectif.
Sans solution de garde, une maman solo ne peut rien faire. Ni travailler, ni même se former, rappelle Anaïs, formatrice en insertion socioprofessionnelle chez Déclics Emploi.
Que faire, chacun·e à notre niveau, pour défendre ces libertés ?
Face à ces constats, une question revient souvent : que pouvons-nous faire ? La réponse est claire : elle n’est pas individuelle, elle est collective.
S’informer, relayer les messages des associations, soutenir leurs actions, refuser la banalisation des reculs démocratiques sont déjà des actes forts. Mais surtout, il s’agit d’être là. Être là, ensemble, dans l’espace public pour montrer que ces libertés comptent et que l’égalité ne peut exister sans contre‑pouvoirs.
Le 8 mars, descendons dans la rue
Ce n’est pas un hasard si les droits des femmes ont souvent été revendiqués dans la rue. Car se rassembler, manifester, rendre visibles des réalités invisibilisées sont des leviers essentiels de changement social. Remettre en cause le droit de protester, c’est renvoyer dans l’ombre des populations déjà marginalisées.
Ma vie en PLUS
Le dimanche 8 mars, c’est la journée Internationale de lutte pour les droits des femmes, nous avons rendez‑vous avec nos valeurs. Solidaris, Sofélia et Soralia se mobilisent pour la liberté associative et vous donnent rendez-vous à 14h00 Place de l’Albertine, à Bruxelles, pour la manifestation nationale organisée par la Marche Mondiale des Femmes.
Parce que demain, cette porte doit rester ouverte…