Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : vers qui me tourner ?

Burn-out, dépression, traumatisme ou simple volonté de prendre soin de son mental, les raisons de faire appel à une aide psychologique sont diverses et toutes légitimes. Pourtant, il est parfois difficile de savoir vers qui se tourner. Qui peut répondre à mes besoins ? Quelles sont les différences entre un·e psychiatre, un·e psychologue ou un·e psychothérapeute ? On vous éclaire…

« Tu ne consulterais pas un psy ? ». Une suggestion que bon nombre d’entre-nous avons certainement déjà reçue de la part d’un·e proche. Oui, mais quel·lle psy aller consulter ? Un·e psychothérapeute consulte près de chez moi, puis-je aller le voir elle·lui ?

L’appellation « psy » est très réductrice et peut porter à confusion. Tous les psy ne travaillent pas de la même façon, loin de là. Florence Ringlet, directrice thérapeutique et psychologue/psychothérapeute au sein de l’asbl « Un Pass dans l’Impasse » et Dorothée Depoortere, responsable des centres de planning familial Soralia de Mons Wallonie Picarde et psychologue/psychothérapeute nous expliquent comment nous y retrouver.

La·le psychologue

La·le psychologue, profession protégée, est un·e professionnel·le ayant suivi un parcours universitaire en psychologie. La·le psychologue ‘classique’ est celle·celui que l’on nomme psychologue clinicien, spécialisé dans l’accompagnement des patient·e·s sous la forme d’entretiens individuels, de couple ou de famille. Elle·il peut se spécialiser dans d’autres domaines de la psychologie comme la·le psychologue du travail qui travaillera en ressources humaines ou encore la·le neuro-psychologue qui fera appel à la neurologie dans sa pratique.

Cette·ce professionnel·le de la santé mentale ne peut jamais prescrire de médicaments. Elle·il utilise différents outils de communication pour aider ses patient·e·s à y voir plus clair sur leur situation et ce, à travers leur vécu personnel. Elle·il peut être complémentaire de la/du psychiatre car un traitement médicamenteux peut parfois être nécessaire.

La·le psychiatre

La·le psychiatre est un·e médecin spécialisé·e en psychiatrie. Elle·il est le seul à pouvoir prescrire un traitement médicamenteux. Elle·il s’occupe notamment des personnes ayant une maladie mentale avérée (bipolarité, schizophrénie…) ou d’autres souffrances mentales nécessitant parfois la prise d’un traitement médicamenteux (dépression…).

Cette·ce professionnel·le est outillé·e pour poser des diagnostics médicaux et proposer un traitement adéquat, souvent médicamenteux. La·le psychiatre va déterminer la nature du trouble de la·du patient·e, répertoriée dans le « Manuel de diagnostic et statistique des troubles mentaux ». Elle·il proposera alors le traitement médicamenteux le plus adéquat, tout en assurant un suivi rigoureux de la personne traitée.

La·le psychothérapeute

La profession de psychothérapeute n’est pas protégée mais l’exercice de la psychothérapie l’est. Cela signifie que toute personne ayant suivi une formation en psychothérapie peut exercer comme psychothérapeute. Certain·e·s vont opter pour des formations longues et complètes tandis que d’autres choisiront des formations plus rapides, raison pour laquelle le titre n’est pas protégé à ce jour. Néanmoins, un·e psychothérapeute est souvent psychologue, psychiatre ou même médecin.

L’objectif de la·du psychothérapeute n’est pas d’établir un diagnostic, contrairement au psychologue ou au psychiatre, mais d’aider la personne à sortir de ses difficultés et à aller vers un changement. Elle·il dispose d’outils dont ses patient·e·s peuvent se saisir. Les méthodes utilisées varient en fonction du courant théorique ou de l’école au sein de laquelle la·le psychothérapeute a suivi sa formation mais aussi de ses propres choix en terme de méthodologie de travail. Certain·e·s vont utiliser l’hypnose, par exemple, ou différentes techniques de relaxation.

A quel moment dois-je consulter ?

Certaines personnes laissent leurs problèmes s’accumuler trop longtemps jusqu’à devenir extrêmement graves. Dans un monde idéal, il faudrait consulter dès que l’état d’équilibre est rompu et que la souffrance est trop difficile à gérer.

Pour nos psychologues, il est vraiment important de se débarrasser des stéréotypes entourant la consultation de spécialistes en santé mentale: « on va me prendre pour un fou » ; « un homme doit être fort et résoudre ses problèmes seuls » etc…  Il n’y a pas de honte à consulter, que du contraire ! Lorsque notre corps est malade, nous allons chez le médecin, pourquoi ne pas en faire de même avec notre esprit ?

Combien de séances sont nécessaires ?

De nombreux critères entrent en ligne de compte.  L’implication du patient, l’intensité de son problème, l’outil proposé par le professionnel peuvent accélérer ou raccourcir le traitement.

Un·e psychiatre va proposer des consultations régulières à sa·son patient·e afin de suivre son traitement médicamenteux. On sera alors à un rendez-vous par mois durant la prise du médicament. Quant aux psychologues et psychothérapeutes, tout dépend du problème, de la volonté de la·du patient·e, de ses souhaits et du type de psychothérapie.

La thérapie brève est une méthode de plus en plus en vogue, qui va avoir pour objectif de répondre directement au problème par des solutions. Elle implique un nombre de séances limitées.

Une séance dure entre 45 minutes et 1h pour qu’il puisse y avoir une réelle discussion. Un·e psychiatre aura besoin de moins de temps au vu des outils utilisés.

Où et comment trouver un·e psy ?

On retrouve les trois professionel·le·s dans différents lieux : centre de santé mentale, planning familial, maison médical, cabinet privé ou encore hôpital. Ces lieux servent à guider en grande partie la·le patient·e vers la·le psy idéal·e. Un·e psy en centre de planning familial sera plus facilement confronté·e aux demandes liées au relationnel ; tandis qu’un·e psy en service hospitalier recevra plus facilement des demandes concernant un traumatisme.

Affirmer qu’un·e psy peut aider à résoudre un problème est impossible. Cependant, on augmentera ses chances de réussite en se dirigeant vers la discipline la plus adaptée à nos problèmes.

Ma vie en PLUS

Les deux conseils de Florence et Dorothée pour une thérapie efficace :

  • L’implication de la·du patient·e. Arriver dans le cabinet de la·du psy en pensant qu’elle·il va régler tous nos problèmes sans devoir nous-même faire une partie du travail est illusoire. C’est un travail commun et actif pour la·le patient·e. Ces professionnel·le·s sont tenus au secret professionnel, vous pouvez donc tout leur dire. Plus la parole sera libérée, plus la thérapie aura de résultats probants.
  • Le choix de la·du psy. En plus de bien choisir entre psychiatre, psychologue ou psychothérapeute, il importe de ressentir un certain « feeling » et de se sentir en confiance avec sa·son praticien·ne. Dans le cas contraire, il sera compliqué de se dévoiler pleinement. Un seul rendez-vous ne suffit pas forcément pour savoir si nous sommes au bon endroit mais si, après 2 ou 3 rendez-vous, on sent que la relation thérapeutique n’amène aucune évolution, il est préférable de changer de psy.

Florence et Dorothée rappellent également que le coût de la consultation ne doit pas être un frein car Solidaris rembourse les consultations chez la·le psy à hauteur de 240€ par an.