Pollution intérieure : 7 gestes pour améliorer la qualité de l’air
L'air de nos maisons pas aussi innocent qu'il en a l'air !
On pense souvent que l’air de nos maisons est plus sain que celui de la rue. Pourtant, la réalité est toute autre. Les polluants issus de la cuisson, de la combustion, de l’humidité, des matériaux ou encore des produits ménagers s’accumulent dans des espaces de plus en plus isolés. Résultat : l’air intérieur peut être deux à cinq fois plus pollué que l’air extérieur.
Et ce constat prend tout son sens quand on sait que nous passons près de 90% de notre temps entre quatre murs – à la maison, au travail, à l’école… Alors que l’air extérieur fait l’objet d’un contrôle permanent, celui que nous respirons à l’intérieur échappe en grande partie à toute réglementation.
L'air intérieur peut nuire à notre santé
Cette absence de surveillance contribue d’ailleurs à une large sous‑estimation de la pollution intérieure. Or, ses effets sur la santé sont bien réels : irritations des yeux, du nez et de la gorge, allergies, aggravation de l’asthme, infections respiratoires, fatigue ou encore maux de tête. La pollution intérieure se manifeste au quotidien, souvent sans que l’on en identifie clairement la source.
Ce n’est donc pas un hasard si l’Organisation Mondiale de la Santé classe la pollution de l’air intérieur parmi les dix principaux facteurs de risque pour la santé. C’est pourquoi notre logement doit être considéré comme un véritable déterminant de santé.
Les principaux responsables de la pollution intérieure
Différents types de polluants – biologiques, physiques et chimiques – s’accumulent dans nos logements. Voici les principaux :
Acariens
Ces petits arachnides qui colonisent nos canapés, tapis, moquette et literie se nourrissent de squames humaines et animales. Ils adorent la chaleur et l’humidité. Ils sont la première cause d’allergies dans le monde.
Animaux domestiques
Les poils, les fragments de peau mais aussi la salive de nos animaux domestiques peuvent être à l’origine de réactions allergiques.
Amiante
Son utilisation est aujourd’hui interdite en raison des risques accrus de cancer. Néanmoins, une exposition reste possible lors de travaux de rénovation.
Composés organiques volatils
Les composés organiques volatils, les COV, proviennent principalement des produits ménagers, peintures, colles, désodorisants, mobilier en bois aggloméré (en raison du gaz toxique émis par les colles utilisées) … Leur accumulation dans des espaces peu ventilés cause irritations des yeux, maux de tête et fatigue.
Fumée de tabac et combustion domestique
La fumée de cigarette ou d’une pipe à eau (chicha) mais aussi l’utilisation d’appareils à gaz, au bois, au charbon, au pétrole (four, cuisinière, chauffage, chauffe-eau) émettent des particules fines et du monoxyde de carbone (CO) nocifs pour les poumons et le cœur.
En termes d’exposition au CO, une séance de quelques heures de chicha équivaut à la consommation d’une cinquantaine de cigarettes !
Ce tueur silencieux, comme on surnomme ce gaz toxique inodore et incolore, est responsable chaque année de l’intoxication de près de 1.000 personnes en Belgique.
Insecticides
Soyez particulièrement vigilant·e si vous utilisez des insecticides pour éloigner fourmis, cafards, araignées, moustiques…. Ces produits sont répertoriés comme cancérigènes et perturbateurs endocriniens. Veillez à ne pas y exposer enfants, femmes enceintes et animaux domestiques.
Légionelles
Il s’agit de bactéries qui aiment l’eau et la chaleur. Naturellement présentes dans la nature, elles affectionnent aussi les installations de distribution d’eau chaude, de climatisation, d’humidification ou de refroidissement, les bassins, jacuzzi… En cas de mauvais entretien ou de défaut d’hygiène de ces systèmes, elles peuvent se développer et proliférer à des températures allant de 25 à 42 degrés.
L’inhalation de fines particules d’eau contaminées risque alors de provoquer une forme extrêmement grave d’infection pulmonaire aiguë : la légionellose. Elle est heureusement peu fréquente de nos jours (moins de 200 cas par an en Belgique).
Moisissures
L’humidité excessive favorise la formation de moisissures. Même lorsqu’elles ne sont pas visibles, elles peuvent provoquer allergies, asthme et irritations respiratoires, en particulier chez les enfants et les personnes sensibles. A Bruxelles, près de 63% des logements présentent des moisissures ; c’est un facteur reconnu de maladies respiratoires et d’allergies
Particules fines domestiques
La cuisson, les bougies et certains appareils émettent des particules en suspension très fines qui pénètrent profondément dans les poumons et aggravent les maladies respiratoires.
Plomb
Vous pourriez encore le trouver dans de vieilles canalisations d’eau, les écailles d’anciennes peintures, un sous-sol contaminé par une activité industrielle ou y être exposé·e lors d’une activité professionnelle ou de loisirs… Le saturnisme, ou intoxication au plomb, a des effets nocifs sur les femmes enceintes et le développement de l’enfant.
Heureusement, le risque d’intoxication par absorption d’eau du robinet est aujourd’hui très faible. En 2019, le taux de conformité en plomb de l’eau distribuée en Wallonie était de 96,7%.
Radon et polluants invisibles
Le radon, un gaz radioactif naturel, est plus présent dans certaines régions. En raison de la nature du sous-sol, le sud du pays est plus touché. En cas d’exposition prolongée, il peut augmenter le risque de cancer du poumon. Environ 7% des cas de cancers pulmonaires seraient liés à l’exposition au radon.
7 gestes efficaces pour améliorer la qualité de l'air
Pour réduire l’exposition aux polluants et allergènes et améliorer le confort respiratoire à la maison, il suffit parfois de changer certains de nos comportements et d’adopter des gestes simples au quotidien.
Aérer régulièrement
Même en hiver, ouvrez les fenêtres 10 à 15 minutes deux fois par jour pour renouveler l’air et évacuer les allergènes comme les acariens, les pollens ou les COV. Une fois l’air renouvelé, évitez les désodorisants et parfums d’intérieur (spray, diffuseur électrique…) qui peuvent eux aussi entraîner maladies pulmonaires et allergies.
Contrôler l’humidité
Maintenez une température constante dans la maison (16-18° pour les chambres ; 18-22° pour la cuisine, salon, salle à manger). Conservez le taux d’humidité de l’air entre 40 et 60 %, séchez rapidement les pièces humides (salles de bain, cuisine) et, si nécessaire, utilisez un déshumidificateur.
Nettoyer et aspirer efficacement
Passez régulièrement l’aspirateur. Les modèles équipés d’un filtre HEPA (high-efficiency particulate air filter) capturent les acariens et les particules fines de poussière. Pour éliminer les allergènes, lavez la literie à 60°C et limitez les textiles qui retiennent la poussière (rideaux lourds, tapis épais).
Réduire les sources de pollution
Privilégiez des produits ménagers peu polluants et aérez lors de leur utilisation. Pensez au vinaigre banc, au savon noir et au bicarbonate de soude, ils sont efficaces et économiques. Évitez de fumer à l’intérieur et limitez l’usage de bougies parfumées ou d’encens, qui libèrent des particules irritantes.
Installer une ventilation efficace
Une ventilation mécanique (un dispositif de renouvellement de l’air) et une hotte aspirante bien entretenues permettent d’évacuer l’humidité et les polluants.
Surveiller les polluants spécifiques
Vérifiez la présence de radon dans les zones à risque grâce à des tests adaptés. Inspectez régulièrement les murs et plafonds pour détecter et traiter les moisissures.
Faites entretenir et contrôler vos appareils de chauffage et conduits d’évacuation des gaz de combustion par un professionnel agréé. Installez un détecteur de monoxyde de carbone et, en cas de malaise, quittez immédiatement les lieux et appelez le 112.
Solutions complémentaires
Les purificateurs d’air avec filtres HEPA peuvent réduire les particules allergènes dans les pièces où la ventilation naturelle est limitée.
Ma vie en PLUS
La pollution de l’air de nos logements est un enjeu de santé majeur pouvant avoir des effets directs sur notre santé. Néanmoins, il n’est pas toujours facile d’identifier les polluants en cause ni de faire le lien avec des réactions de type allergiques.
Parlez-en à votre généraliste. A sa demande, des spécialistes (SAMI, CRIPI) peuvent mesurer gratuitement le taux de certains polluants dans votre habitation.
Solidaris vous accompagne également et intervient sur les frais de dépistage des allergies chez un.e spécialiste ainsi que sur les vaccins désensibilisants.