Des hommes plus vraiment comme avant… Nouvelles perceptions de la masculinité

Jason Momoa, Bruce Willis, Wesley Snipes, des hommes forts qui ont bercé les fantasmes de la société depuis plusieurs générations. Or, aujourd’hui, on voit apparaître de nouvelles personnalités masculines plus fines et bousculantes telles que Thimothée Chalamet ou Pierre De Maere, plus près de chez nous. Dans les médias, à la maison même. Ouverture des portes et des esprits vers de nouvelles formes de masculinité. Est-ce ok pour tout le monde ?…

Si on aborde la question aujourd’hui, c’est parce qu’on remarque, ces derniers mois, dans les pays occidentaux, une évolution au niveau des comportements des hommes. Et que l’image du mâle viril, musclé et loin des émotions est de moins en moins à l’ordre du jour. Au contraire, elle pourrait même être mauvaise pour une grande partie des hommes…

Homme, sweet homme

On parle beaucoup, en cette époque du beau et lisse instagramable, de la pression de la perfection esthétique. Ce n’est plus à démontrer, cette pression a un impact lourd sur la santé mentale des femmes. Or, force est de constater que chez les hommes aussi, la pression est de mise. Pression de devoir être fort, barbu (si possible), loin des émotions pour pouvoir rester rassurant à tout prix. Lourd bagage à porter pour une majorité d’hommes qui ne se reconnaissent plus dans ce modèle – osera-t-on le dire ? – d’un temps passé.
En parallèle, naissent de nouveaux exemples de personnalités tels que Timothée Chalamet, Harry Styles ou Pierre Niney. Ces hommes donnent à voir un modèle masculin différent, basé sur de nouveaux standards esthétiques et de mode, et sur plus de finesse intellectuelle, le doute parfois, l’expression des sentiments. Or, on le sait, les célébrités et la façon dont elles sont représentées dans les médias ont une influence probante sur les tendances qui seront adoptées par le grand public ; les jeunes en priorité. On peut donc s’attendre, vu le succès de ces stars actuelles, à ce que leur style continue de percer et d’influencer toute une génération d’ados et jeunes adultes en plein développement ; physique et psychologique.
Par ailleurs, l’éducation à la maison change également. En effet, dans certains foyers, on assiste à une nouvelle répartition plus égalitaire des tâches et de la reconnaissance des deux parents. Ajoutons à cela les nouvelles vagues d’éducation positive. Dans celle-ci, les parents ouvrent le champ d’éducation vers une écoute plus grande et une meilleure expression des émotions ; autant chez les petits garçons que les fillettes. Dès lors, les jeunes générations évoluent dans un modèle nouveau, plus éloigné de l’image de l’homme tout puissant, qui gère toute les situations sans émotion.

Nouvelles représentations de la masculinité à travers l’art et la science

Ici aussi, exit les héros baraqués, distants et fonceurs. Comme le précise Aline Laurent-Mayard, journaliste et autrice spécialiste du genre, en parlant du blockbuster Dune : « Avec Chalamet, on est plutôt sur un personnage qui réfléchit, c’est quelqu’un qui va être très à l’écoute, proche des femmes. Finalement ce film nous rappelle la réalité : à l’heure actuelle, les muscles ne servent plus à grand-chose. En dehors de quelques professions dans lesquelles ils sont encore utiles. Mais si on doit sauver la planète d’un champignon qui nous transforme en zombies ou du réchauffement climatique, ce ne sont pas de muscles dont on a besoin. » *

De fait, après une pandémie, force est de constater que parfois, les muscles et la distance ne font pas le poids. Car, dans un contexte sanitaire délicat, il est autant rassurant de se sentir accompagné.e par l’expertise d’un scientifique ou l’écoute attentive d’un infirmier. En cela on reconnait plus facilement les traits de caractère d’un Paul Atréides, héros de Dune, d’un Marius Gilbert (oui oui), épidémiologiste à l’ULB, ou d’un Albert Mukeiber, super-héros contemporain des neurosciences… Des personnages qui osent parler de sentiments, de psychologie, qui se livrent à des femmes et parfois les citent même comme mentors. Qui plus est, ces tendances vont de pair avec les aspirations féministes actuelles – pour une meilleure reconnaissance des droits des femmes – de plus en plus présentes dans les sociétés occidentales.

Entre les deux, nos coeurs balancent

Autant de modèles inspirants qui ouvrent de nouvelles perceptions de la masculinité. Pour un mieux sociétal ? Peut-être… A condition de s’y sentir bien. Mais, entre les modèles hyper virils bien ancrés depuis plusieurs décennies et les nouvelles personnalités
appelant à une plus grande sensibilité masculine, où trouver sa place ? Notre conseil fondamental, si vous vous sentez concerné et en plein questionnement par rapport à tout cela : s’écouter. Percevoir vos propres besoins et aspirations profondes pour pouvoir exprimer votre véritable personnalité dans une société en mutation. Le droit de pouvoir être soi, telle que la nature nous a créé, et non tels que la société, ses médias voudraient que l’on soit.
Une ouverture vers de nouvelles formes de masculinité, pour une société en meilleure santé ? A suivre…

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* Article d’Elsa Mourgues « Thimothée Chalamet, le futur de la masculinité »